J’ai découvert le tournage sur bois en 2004 lors d’un stage au sein d’une association dans laquelle je
pratiquais l’ébénisterie.
Ce premier contact fut le bon. Je consacrais, dès lors, le plus clair du temps passé là-bas à
tourner.
Puis, petit à petit, j’ai investis dans le matériel nécessaire afin de pouvoir tourner « à
domicile ». Le virus ne m’a pas quitté. Il est devenu passion. Une passion qui prend du temps : le temps de la créativité, le
temps des rencontres, le temps du partage, le temps de la recherche de la forme, le temps du plaisir, le temps de la colère, le temps
de la contemplation… Le temps d’être hors du temps.
Je tourne essentiellement des essences communes que l’on trouve en France, morceaux de forêts ramenés de
promenades, histoires d’arbres couchés, survivance d’un élagage de saison. Puis par moments un petit détour par l’Australie, pour ses
noix de Banksia, par l’Équateur pour ses noix de Tagua…
Je tourne pour le plaisir.
Le plaisir des copeaux qui volent, des gouges qui font siffler le bois, de l’objet qui naît du savoir faire et
du devenir.
Le plaisir d’aller un peu plus loin, un peu plus fin peut-être jusqu’à la rupture ! Qu’importe, le geste est
beau !
Ce plaisir, quelques fois par ans, j’essai de le partager en public, en exposant. Mais surtout, si l’occasion
m’en est donné, en tournant devant vous.
Le plaisir de partager un geste, de montrer comment c’est fait. Car sur la table, c’est bien joli, mais qui
nous dit que c’est bien fait sur un tour à bois ?
Qu’à cela ne tienne, si vous avez un peu de temps à perdre, je me ferais un plaisir de vous conter l’histoire
d’une toupie, depuis sa branche originelle jusqu’à la main de l’enfant qui la fait tourner. Je vous montrerai comment « ça
tourne pas rond la dedans », lorsque le bois nous appel à nous décentrer, à nous désaxer.
Et puis peut-être qu’au fil du bois, la journée passant, vous aurez une idée que nous pourrons partager autour
d’une veille souche, d’un bout de bois de fond de jardin, d’un projet maintes fois oublié.
Ludovic Picard